Le V6 apportait un petit détail non négligeable: "la forte fureur du bouc" contre le BELIER (le V7 ajoutait "il s'exaspérait contre lui"). En effet le caractère d'Alexandre était d'être particulièrement fougueux, obstiné, passionné et très coléreux (comme l'illustre par exemple l'épisode ou sous l'effet de l'alcool et de la colère il abattit d'une lance son meilleur ami au cours d'un banquet).
Racine écrira de lui: "Avant que sa fureur ravageât tout le monde, l'Inde se reposait dans une paix profonde".
Au V7 on trouvait des expressions ("s'exaspérait", "abattit", "brisa", "pas de force", "jeter à terre", "piétiné") illustrant la suprématie des armées d'Alexandre sur celles de Darius III roi des Médo-Perses à l'époque (pourtant par exemple ils se trouvèrent 47000 grecs contre plus d'un million de perses qu'ils vainquirent à Gaugamèles).
Un dernier mot encore sur les stratégies de guerre imaginées par Alexandre qui se montrèrent d'une efficacité redoutable. En effet Alexandre entreprit ses campagnes de conquête avec une armée petite, mais efficace, composée de 30 000 fantassins et de 5 000 cavaliers. Son armée était accompagnée d’ingénieurs, de géomètres, d’architectes, de scientifiques et d’historiens. Une armée pratiquement invincible du fait de son organisation hors paire, de la bonne utilisation de ses cavaliers et notamment de sa célèbre technique imparable de la phalange (voir ci-dessous).

On notera au V8 l'allusion sans équivoque à la soif de conquêtes et à la mégalomanie d'Alexandre dans l'expression "prit de grands airs jusqu'à l'extrême".
On y trouve aussi l'idée d'hégémonie mondiale ce à quoi Alexandre porta la nation Grecque de son vivant. En effet c'est à l'apogée de son règne, ou comme le dit le verset "dès qu'il devint fort", qu'Alexandre, "la grande corne", fut "brisé", foudroyé par la maladie dans la pleine force de l'âge puisqu'il n'avait alors que 33 ans. Tous ses projets idéalistes d'un monde unifié n'était pas encore complètement achevés, aussi l'expression brisé est elle fort justement utilisée pour ce rêveur coupé dans son élan.
V22 Et comme celle-là a été brisée, de sorte que quatre se sont finalement levées à sa place, il y a quatre royaumes de [sa] nation qui se lèveront, mais non pas avec sa force.
La prophétie reprend la mort d'Alexandre comme point de départ du démantèlement de son empire. "A sa place (…) quatre royaumes de [sa] nation qui se lèveront". C'est effectivement un détail d'une valeur exceptionnelle qui s'est bien sûr accompli immanquablement comme tout ce que nous avons vu jusqu'ici de la prophétie, puisque le royaume de Grèce édifié avec brio par feu Alexandre se voit alors partagé par la force en 4 entités indépendantes dirigées par 4 des généraux grecs d'Alexandre donc bien des gens "de sa nation".
Pourtant aucun d'eux n'eut le prestige, la notoriété, l'empire, les succès militaires ni même l'envergure d'un Alexandre. Aucun n'eut "sa force", ni ne porta les limites de l'empire Grec au delà de ce qu'avait accomplit le Grand Alexandre. Tout le monde se souvient du grand roi de Grèce mais qui se souvient d'eux avec autant de renommée: Cassandre, Ptolémée, Séleucus Nicator, Lysimaque?
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Enfin le partage se fit selon les 4 directions évoquées au verset 8, ou "quatre vents des cieux", soit au Nord pour Lysimaque, au Sud pour Ptolémée Ier , à l'Ouest pour Cassandre et à l'Est pour Séleucus Ier.
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